Feuille de Route des 1ères Rencontres de Lurais

La crise démontre avec pertinence que la seule question qui soit c’est la question sociale. La perte de la souveraineté de notre peuple est pour cela on ne peut plus mal vécue aujourd’hui. C’est à cette aune et parce que le peuple a compris que l’Europe est un verrou supplémentaire à l’injustice fiscale et sociale, que le NON l’a emporté, que des millions de personnes sont descendues dans la rue pour le pouvoir d’achat, pour les retraites, et que les sondages sur l’Europe et l’euro sont aussi désastreux pour la pensée unique.

Cela se traduit par le retour de la puissance du mouvement social mais doublé d’une abasie politique : les mobilisations ne sont plus le fait des partis politiques (qui ont perdu une large part de leur prestige et de la confiance du peuple français) mais naissent de l’union des confédérations syndicales.

Les partis ne sont plus que l’enjeu de guerres de pouvoir et d’ambitions personnelles exacerbées par les institutions de la Vème. Plus de dessein collectif, plus de projection d’une alternative politique crédible, seul existe, au mieux, l’intérêt du développement de la structure à laquelle on appartient comme ultime fin. C’est une des raisons essentielles de la baisse des liens de fraternité à l’intérieur même des partis.

Or nous sommes des militants politiques. Nous sommes faits pour cela. Nous n’avons pas le choix. Nous le savons. Nous sommes tombés dedans quand nous étions tout petits.

Nous en avons assez de subir les choix de personnalités volatiles, nous avons été extrêmement heureux de nous retrouver : qu’est-ce que cela nous a fait du bien de penser collectif dans un climat sympathique et fraternel ! Ce doit être avant tout cela les Rencontres de Lurais !

Le constat est unanime : nous sommes d’accord sur l’essentiel mais dans des organisations différentes.  Le comble c’est qu’il y a souvent plus de point de convergence entre nous qu’avec ceux de nos propres structures !

Puisque nous avons en commun un important fond idéologique il est nécessaire d’avoir une structure pour le porter.

Cette structure devra être la plus souple possible et  répondre à une triple exigence :

-                     De ne pas créer une chapelle mais une passerelle pour nos idées entre nous et nos différentes formations ;

-                     Permettre aux camarades esseulés de rompre leur isolement ;

-                     Permettre de s’aider et de s’épauler mutuellement dans nos vies politiques ;

 

Pour cela nous avons décidé collectivement :

-                     De se retrouver après l’élection présidentielle à Lurais ;

-                     De voir s’il y a moyen et utilité, au niveau de régions ou de départements, de créer des déclinaisons locales de ces Rencontres. Par exemple, si cela ne semble pas nécessaire dans le Nord, cela peut l’être pour Paris ;

-                     De permettre l’échange et le débat dans ce laps de temps autour de trois thème : le Rôle de l’Etat, la démocratie, le rapport de force entre le capital et le travail -> création d’un forum  avec publication de nos débats ; le forum sera dans un premier temps assez confidentiel puisque son but est d’échanger loyalement et sincèrement entre nous ;

-                     Chaque membre des rencontres de Lurais s’engage :

  • à respecter le parcours de chacun, passé, présent et à venir,
  •  à considérer l’autre comme son égal,
  • à refuser toute préséance intellectuelle ou honorifique,
  • a s’entre-aider malgré les organisations différentes auxquelles nous appartenons,
  • à refuser de se sacrifier sur l’autel de quelque prétendu intérêt collectif supérieur.

Cette structure de convergence et de vigilance, cette coordination des républicains de gauche doit porter une conception différente de la politique : être humble, être dégagée d’enjeux de pouvoirs, respecter le choix et la volonté individuelle avant tout, l’indépendance d’esprit, privilégier avant tout l’intérêt du peuple et la question sociale.

D’ici nos 2èmes rencontres il convient de continuer à s’investir dans les structures collectives -type « Convergence »- afin de multiplier les contacts avec les républicains de gauche car le problème de notre ouverture à d’autres devra se poser assez rapidement.